FUTURAT est un trio de Saint-Pétersbourg rencontré par Julien
du label Echo Canyon records lors
d’une tournée dans les pays de l’Est de l’un ses anciens groupes (Baton
Rouge ?). Et ils ont sympathisé. On parle d’une formation classique de
garage/punk dopé à la fuzz à tous les étages, rien de révolutionnaire camarade mais la tradition électrique
dans toute sa simplicité et toute son efficacité viscérale. Il faut bien avouer
que le support cassette et sa qualité de
restitution délicieusement limitée sont particulièrement idéals pour écouter
Incinerat et ses six pépites de garage endiablé, noisy et légèrement poisseux.
Une guitare qui vrille, un chant nasillard très typique mais qui arrive à
surprendre car jamais trop systématique, une basse qui tabasse dans tous les
coins, une batterie qui pulse, toutes les cases sont cochées. Sans oublier une
fraîcheur hyper communicative, un allant jamais démenti et – surtout – des
compositions efficaces et parfaitement calées. Incinerat c’est un bon gros assemblage incendiaire d’explosivité tendue, sans aucune trace de légèreté dégoulinante, sans sucres
ajoutés ni agents chimiques de saveur. Avec juste ce qu’il faut de chaleur crade
pour ne pas se laisser bouffer par l’obscurité ambiante. A l’ancienne et ça fait
du bien.
Conseil d'utilisation : ceci n'est qu'un blog. Mais sa présentation et sa mise en page sont conçues pour qu'il soit consulté sur un écran de taille raisonnablement grande et non pas sur celui d'un ego-téléphone pendant un trajet dans les transports en commun ou une pause aux chiottes. Le plus important restant évidemment d'écouter de la musique. CONTACT, etc. en écrivant à hazam@riseup.net
vendredi 7 janvier 2022
[chronique express] Futurat : Incinerat
jeudi 22 avril 2021
Comme à la radio : en soutien à L' Amicale du Futur !
L’Amicale du Futur
est un lieu de vie non-profits, associatif, militant, également impliqué dans
la défense d’un quartier mis à mal depuis de trop nombreuses années par la
spéculation immobilière et la gentrification : la Guillotière, quartier
historique de brassage(s) et d’immigration, considéré à tort comme la verrue
lyonnaise par les équipes municipales successives.
A L’Amicale on
peut manger végétarien et boire local, assister à des conférences, des projections de films et
mêmes des fois à des concerts. Et défendre une vision alternative et porteuse
d’espoir, en lutte contre un monde égotique, uniquement mu par des
impératifs individualistes et des justifications souvent hypocrites (la social-démocratie des
libéraux progressistes au grand cœur) ou des idéologies complètement réactionnaires.
Face aux difficultés économiques et pour affronter l’impératif de sa propre survie L’Amicale du Futur a
décidé d’acheter les murs qui l'abritent rue Sébastien Gryphe et ainsi de pérenniser ses activités. La
propriétaire est d’accord pour vendre son local et un compromis devant notaire
a même été signé… Pour financer cet achat une cagnotte en ligne a donc été mise en place : l’objectif à atteindre est de
131 200 €uros.
Mais d’autres
initiatives pour financer le projet ont également vu le jour comme l’édition de deux
compilations-cassettes, Amicalement Rouge et
Amicalement Verte :
Ces deux cassettes – on peut écouter la seconde ici – ont ont été rendues possibles grâce au soutien de musiciennes, de musiciens et de groupes qui ont généreusement fourni des titres, souvent inédits. Au milieu des locaux (Bravo Tounky, Jean Bender, Balladur, Dymanche, Faux Départ, Litige, etc.) on remarque la participation d’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp, Massicot, Chocolat Billy, Colombey, Terrine, Taulard ou Will Guthrie…
Amicalement Rouge et Amicalement Verte sont (pour l’instant ?) sold out… Mais on peut se rattraper en allant faire un tour sur Bizarre Bazar, site monté pour l’occasion par L’Amicale et qui propose également des t-shirts imprimés spécialement ainsi que des sérigraphies, dessins, objets, etc. offerts à la vente par nombre d’artistes parmi lesquel.les Laho, Lashka, Aude Bario, Bikesabbath, Zad Kokar, Nagawika, Romano Krang, Brulex, Ratcharge, Der Kommissar, Julien Dupont, Gaëlle Loth, Lia Vé, Suka Mabuk, Félicité Landrivon, JM Bertoyas… impossible de citer tout le monde !
Et pour celles et ceux qui voudraient critiquer la démarche de L’Amicale du Futur consistant à devenir propriétaire, je précise que cet achat est avant toute chose un achat collectif. Une démarche et une action non intéressées pour faire vivre un lieu important. Je rappellerai aussi qu’il y a quelques années Radio Canut avait également tenté le coup et réussi à racheter ses locaux de la rue du sergent Blandan, pour les mêmes raisons et avec les mêmes motivations. Tout est possible.
dimanche 4 avril 2021
Comme à la radio : Gaffa Bandana
Des fois je devrais
vraiment me méfier un peu plus de mes aprioris à la con, ouvrir plus
attentivement les yeux et mes oreilles réfractaires. Lorsque j’ai vu passer le
nom de GAFFA BANDANA je me suis simplement contenté de glousser comme
une dinde de Pâques (c’est la saison, alors pourquoi pas) à cause de ce nom de
groupe qui ne me disait vraiment rien qui vaille. Bien évidemment j’ai une fois
de plus eu tort. Et malheureusement ce n’est pas la première fois que cela
m’arrive… Mais jugez plutôt par vous-mêmes :
Gaffa
Bandana c’est donc un duo composé de la chanteuse / guitariste
Gill Dread et de la batteuse Jennie Howel (également responsable de l’artwork
ci-dessus). On connait très bien et on apprécie énormément la première parce
qu’elle est le moteur principal de la machine à riffs qui tuent Bruxa Maria, un
groupe dont le deuxième album The Maddening a longtemps hanté les
platines de la rédaction d’Instant Bullshit et retourne y prendre place encore
de temps en temps, lorsque j’ai besoin d’une bonne dose d’électricité ravageuse.
Par contre je n’aurai rien à dire au sujet de Jennie Howel – désolé – mais il
est évident que Gaffa Bandana
constitue désormais pour elle la meilleure des cartes de visites.
Publié uniquement en cassette par Human Worth, Fraught in Waves c’est surtout du lent, du lourd et du hachis à
tous les étages. On reconnait aisément la faculté de Gill Dread à bien tout
remplir l’espace disponible avec son chant de goule en furie et sa guitare supersonique.
Pourtant avec Gaffa Bandana l’heure
est au minimalisme : pas d’empilements de guitares et pas d’effets
pyrotechniques mais uniquement une rage incroyable et une ténacité à toute
épreuve. Et des riffs, des riffs, des riffs… Fraught in Waves ne comporte que six titres mais dure quand même
une grosse demi-heure, ce qui est largement suffisant pour s’en prendre plein
la tête : le metal noise (quoi d’autre ?) du duo est tellement bon et
viscéral que l’on est prêt à immédiatement en redemander. C’est le seul
avantage que je trouverai à une édition cassette : au moins on peut
l’écouter en boucle sans avoir à lever le petit doigt et en prenant simplement
bien soin de bloquer son lecteur en mode auto-reverse…
… Mais à ce propos je terminerai par un petit message
personnel à l’intention d’Owen Gildersleeve, batteur de Modern Technology et
qui préside aux destinées du label Human Worth :
Mon cher Owen, je sais
bien que les temps sont compliqués, que l’argent est difficile à trouver, que
braquer une banque n’est pas à la portée de tout le monde, que le 1er
Ministre britannique est une catastrophe (au moins autant que le Président de
la République Française) mais je ne comprends pas pourquoi Fraught in Waves n’a été publié qu’en cassette et avec un tirage
très limité. Si jamais il te venait à l’esprit de faire rééditer cet
enregistrement en vinyle, parce qu’il le mériterait amplement, sache que je
serai preneur. Merci dans ce cas de m’adresser un petit message en retour, je ne
manquerai pas d’y répondre et de me porter acquéreur de cette petite
merveille qu’est Fraught in Waves.
Bisous.
samedi 2 janvier 2021
Comme à la radio : Flennen n° 10
Je n’avais vraiment jamais entendu parler de Flennen tout comme je n’avais jamais entendu parler de tous les groupes figurant sur la cassette-compilation que le label de Berlin vient tout juste de publier. A une exception près : on trouve sur ce dixième volume un nouveau titre d’un groupe passionnant et tout aussi berlinois du nom de Pigeon, quatre jeunes gens dont les enregistrements sont toujours très prisés par ici. Je vais même affirmer que ce Mute d’à peine deux minutes et demi est sans doute ce que Pigeon a enregistré de plus nerveux et de plus fracassant. Un titre de post punk abrasif qui ridiculisera tous les petits minets retro-nostalgiques qui pensent avoir inventé la machine à remonter le temps.
Mais comme on
peut le voir et l’écouter ci-dessus, Pigeon est accompagné d’une pléthore
d’autres formations œuvrant essentiellement dans des musiques sombres
et/ou tendues, largement inspirées par le côté obscur des années 80. Il y a
vraiment de quoi faire avec trente groupes au total – quand même – dont
beaucoup chantent en allemand, ce qui est toujours un plus non négligeable dès
qu’il s’agit d’avoir peur et d’avoir froid.
Je reconnais que tout est très loin d’être inoubliable mais il est quand même difficile de ne pas trouver son compte au milieu de tout ce foisonnement bordélique de punk, post punk, new wave et même synth wave, sans oublier quelques trucs complètement indéfinissables (comme du rap expé et de la funk dadaïste, ahem)... Enfin, et ce n’est pas l’information la moins
importante au sujet de Flennen n° 10,
cette compilation est vendue en soutien aux victimes de violences policières à caractère raciste en Allemagne. Là-bas
comme ici il y a vraiment de quoi faire.
samedi 28 avril 2018
Comme à la radio : Monotrophy
Micas est une cassette deux titres qui vient tout juste de paraitre chez S.K. records. La jaquette très réussie a été dessinée et sérigréphiée par Félicité / Brigade Cinéphile.
La dernière fois que S.K. records avait publié une cassette il s’agissait de la démo de Noyades. Depuis le label a coproduit le premier album du groupe, très apprécié par ici – je ne doute pas une seule seconde que Monotrophy prendra à son tour le même chemin. A suivre […]
vendredi 23 mars 2018
Comme à la radio : Luggage
S’appeler « bagage » pourrait sembler extrêmement curieux mais Luggage est un trio originaire de Chicago qui mérite vraiment le détour. Je ne pourrais jamais trop remercier la personne qui m’a un jour parlé de ce groupe en pensant que je l’aimerais. Elle ne s’était vraiment pas trompée.
Luggage pratique une musique entre noise neurasthénique et post-punk très sec, nerveux – l’album Three a été enregistré aux studios Electrical Audio mais pas par Albini – et dégraissé jusqu’à l’os. Une musique qui sait également se faire rêveuse et même mélancolique à l’occasion (bien que Three montre un durcissement certain par rapport à son prédécesseur Sun).
Le credo du groupe pourrait bien être moins c’est plus tant Luggage a l’air de s’y connaitre parfaitement en matière de tension rentrée et de recroquevillement. Les compositions sont toujours solides mais jamais envahissantes et certaines des chansons de Three ne sont pas loin d’être merveilleuses, tel le très sombre et inspiré morceau-titre : un vrai tube à écouter tout-e seul-e le soir et dans le noir. Évidemment.




