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mercredi 30 juin 2021

Sciabba + Mental Hygiene Terrorism Orchestra + LordxGonzo


 


 

Comme je suis d’un naturel résolument pessimiste et rabat-joie – non mais sans blague – quelque chose me dit que l’on a intérêt à bien en profiter avant que notre monde pourri ne se referme à nouveau sur lui-même. Bon OK, je voulais placer un jeu de mots débile genre « la menace du virus Delta plane » mais je n’y arrive pas. Je préfère bousiller ce qu’il me reste d’audition, de neurones et de points de survie en écoutant de la musique et celles de Sciabba, Mental Hygiene Terrorisme Orchestra et LordxGonzo étaient parfaites pour ça. Laissez-moi rêver, bordel de merde.





























lundi 28 juin 2021

Fly Pan Am : Frontera







J’étais tout heureux que FLY PAN AM se reforme après une quinzaine d’années de silence. Je l’ai été un peu moins en découvrant C’est Ça, premier album post reformation des Montréalais. Mais lorsque je relis la chronique lapidaire qui lui est consacrée je me trouve un peu injuste, surtout parce que je n’ai pas su ni voulu insister sur le point le plus important d’un disque (trop) touffu et multi-amalgamé, le retour de l’envie. J’ai souvent pensé que les enregistrements des Fly Pan Am étaient moins réussis que leurs concerts – une paire de passages à Lyon au début des années 2000 et autant de très beaux souvenirs, incroyables – mais ils n’ont jamais été inintéressants, ils ont toujours eu quelque chose à dire et quelque chose à faire ressentir. La générosité est l’une des caractéristiques d’un groupe pas comme les autres gravitant dans la sphère du label Constellation. Une générosité mêlée à de la curiosité et l’envie de partager. Je me rappellerai longtemps d’une improbable conversation d’après concert pendant laquelle l’un des quatre musiciens – je crois bien qu’il s’agissait de Jonathan, préposé à la guitare et à la casquette – me disait que pour lui Sonic Youth, France Gall et les Bérurier Noir revêtaient la même importance. Maintenant c’est quelque chose que j’arriverais presque à comprendre mais c’est aussi quelque chose dont je suis, personnellement, toujours incapable.
Frontera fait suite à C’est Ça et d’une certaine façon l’un ne va pas sans l’autre. Fly Pan Am depuis 2018 c’est encore moins de guitare, encore moins de « rock » et encore plus de bidouilles et d’électronique. Roger – pour la petite histoire un ancien de Godspeed You! Black Emperor, même s’il doit en avoir plus qu’assez qu’on le lui rappelle toujours et encore – n’est même pas crédité à la guitare mais à l’électronique et au laptop. Jean-Sebastien (bassiste aux doigts agiles) s’occupe aussi de programmation, d’électronique, de synthétiseur et donne un peu de la voix tandis que Jonathan retraite parfois sa guitare avec un ordinateur. Il n’y a que Félix, derrière sa batterie, qui reste dans un domaine strictement organique. Il a toujours été et il reste la pulsation humaine d’un groupe et d’une musique qui défient les prescripteurs et les donneurs de leçons d’étiquettes, même si on peut pêle-mêle balancer en l’air celles de noisy, kraut, rock, pop, expérimental, electro, pipo-bimbo, post-machin dans un grand blender, placer le curseur sur vitesse maximum et broyer / mélanger le tout. Le résultat donne quelque chose qui ne ressemblera qu’à du Fly Pan Am.
Frontera est l’enregistrement studio d’une musique initialement composée et interprétée en live pour un spectacle de danse de la compagnie Animals Of Distinction, sur une chorégraphie de Dana Gingras. S’il fallait encore donner un argument en faveur des disques vinyle et de leur supériorité sur tous les autres formats, le livret qui accompagne celui-ci et présentant des photos réellement superbes de danseuses et de danseurs en plein(s) mouvement(s) devrait faire l’affaire. Mais on pourrait tout aussi bien se passer de ces photos enchanteresses – et qui donnent vraiment envie d’assister à une représentation de Frontera – car la musique de Fly Pan Am composée et interprétée pour cette chorégraphie et ce spectacle, même si on peut penser qu’elle en est indissociable, se suffit tout simplement à elle-même. Frontera n’est pas qu’une bande-son, c’est aussi de la musique à vivre, en toute indépendance. Un très beau disque qui transporte, exalte l’imagination et se prête totalement à une écoute telle quelle, en mode lévitation. On peut même inventer sa propre chorégraphie intérieure en l’écoutant, dessiner des mouvements de formes et de couleurs qui n’appartiennent qu’à soi. C’est là toute la réussite d’un enregistrement d’une force et d’une beauté souvent fascinantes, parfois mystérieuses, un enregistrement tellement abouti et tellement accompli malgré son découpage en séquences que j’ai pour la première fois le sentiment que Fly Pan Am a totalement réussi son coup avec l’expérience studio… C’est ça.

[Frontera est publié en vinyle et en CD par Constellation records]

 

 

vendredi 25 juin 2021

Facs : Present Tense

 




Present Tense est le quatrième album de FACS en autant d’années… belle performance. Surtout qu’entre 2018 et 2020 le groupe de Brian Case (guitare, basse et chant), Alianna Kalaba (basse et synthétiseur) et Noah Leger (batterie et synthétiseur) a réalisé un impeccable sans-faute avec ses trois premiers enregistrements, développant une identité très personnelle et reconnaissable entre toutes. Ce n’est pas un mince exploit que d’avoir imaginé et conçu des disques aussi riches, chacun reprenant au vol puis développant en transversal les pistes empruntées par son prédécesseur. Void Moments, très sophistiqué et alambiqué, torturé et dédaléen, fait figure à mes yeux de chef-d’œuvre d’un groupe unique en son genre.
Mais malheureusement je trouve que la livraison millésimée 2021 de Facs n’est pas à la hauteur : Present Tense marque le pas. Je crois aussi que je n’aurais pas tout à fait eu le même ressenti si ce nouvel album n’avait pas succédé à une suite qualitativement exponentielle d’enregistrements aussi fulgurants que brillants. J’aurais même pu y déceler une montagne de promesses à venir si Present Tense avait en fait été le premier disque jamais publié par Facs. Ce n’est donc pas le cas. Je vais toutefois me montrer davantage rassurant : Present Tense est un bon disque et Facs reste un groupe passionnant, largement au dessus du lot des formations de rock expérimental / arty / etc. Mais je suis un peu déçu, tout simplement…
Les artworks du trio sont toujours très importants. Celui de son quatrième album n’est que limpidité. Une bichromie qui ne semble dire qu’une seule chose, au delà de son aspect lugubre : plus de simplicité et plus de lisibilité. A l’image de la musique contenue dans Present Tense. Ou alors c’est que je me suis habitué et que je suis désormais vacciné contre le virus Facs… On est en terrain familier sans toutefois s’y retrouver totalement : un sentiment d’embarras peut même surgir en écoutant certaines compositions qui parlent un langage que l’on connait très bien, que donc on comprend parfaitement mais qui ne semble plus systématiquement exprimer cette vérité que développe toute musique enivrante. Autrement dit, pour la première fois, Facs fait preuve d’une certaine légèreté. Les manipulations sonores se multiplient pour devenir parfois envahissantes et elles cachent alors mal l’inspiration quelque peu tarie du groupe (Strawberry Cough).
On reste pourtant assez éloigné des sentiers battus et il ne servirait à rien de trop faire la fine bouche : chacune des deux faces de Present Tense se termine par un grand moment. Les sables mouvants d’Alone Without renouent pour la première fois avec la tension et l’inquiétude qui jusqu’ici manquaient au disque. Au sujet de Mirrored on peut affirmer qu’il s’agit du meilleur titre de Present Tense et aussi, assez ironiquement, de l’une des meilleures compositions jamais écrites par Facs. Le final rythmique (formidable Noah Leger !) y est plus oppressant que jamais. Bon… et puis je citerai également General Public, direct et efficace, musicalement typique du trio, sorte de tube de l’album mais malheureusement vite contrebalancé par les trop fades How To See In The Dark et Present Tense. C’est en écrivant « typique du trio » que je comprends réellement que Facs a finalement inventé beaucoup de choses… Mais le groupe a-t-il tout dit ? La réponse au prochain épisode pour son cinquième album mais avoir enregistré autant de bons disques et su créer une musique aussi personnelle est déjà formidable en soi.

 

[Present Tense est publié en vinyle et en CD par Trouble In Mind]



mercredi 23 juin 2021

[chronique express] Cult Of Occult : Ruin






Encore un cas difficile. Si on est coutumier des précédents enregistrements de CULT OF OCCULT on ne sera pas décontenancé par la musique de Ruin, un 12’ monoface (il y a une sorte de pentagramme sur la face muette) présenté comme un EP puisqu’il ne contient qu’un seul et unique morceau d’un peu plus de vingt minutes. C’est presque court, après les deux doubles albums précédemment publiés par le groupe. L’avantage étant que voilà enfin un disque de Cult Of Occult que l’on pourra écouter d’une seule traite (Seb Radix sors de ce corps). Blague à part, Ruin peut être considéré comme la quintessence de ce que le groupe a enregistré de plus misanthrope, de plus nihiliste, de plus bilieux et de plus sombre. Avec toujours ce paradoxe – propre au metal et à son théâtre d’obscurantisme – qu’il s’agit là de faire de la musique pour expliquer au monde qu’on le déteste et que de toute façon il est déjà mort. Mais cela reste parfait pour remettre son petit compteur personnel à zéro : un bon 6-pack et ça repart.

 

 

lundi 21 juin 2021

Throat : Smile Less


  


 

 

Je suis tombé amoureux de l’artwork de ce disque. Sûrement à cause de mon côté arty-prout-prout qui me fait aimer n’importe quelle image à partir du moment où il s’agit de noir et blanc et qu’il y a de la déformation dans l’air. Et puis j’y voyais comme un présage de bon augure – des fois il m’arrive aussi d’être optimiste – au sujet de Smile Less, troisième album des finlandais de THROAT. En 2020 le groupe avait publié Decade Of Passive Aggression 2009 - 2019, un double CD qui comme son nom l’indique est rempli jusqu’à la gueule de tous les premiers enregistrements de Throat, y compris les singles et autres participations à des compilations. A l’époque je n’y avais vu que la volonté, légitime, de faire patienter en attendant un nouvel enregistrement studio et en attendant que le monde commence à se dépêtrer de la crise sanitaire. Tout comme je n’avais vu dans Bareback, précédent album des Finlandais*, qu’un album de transition, une étape. Smile Less me laisse croire que non : Bareback marquait bien la fin d’une époque.
Je ne peux que comprendre les groupes qui ne veulent pas se répéter mais je n’arrive vraiment pas à me faire à ce nouvel album et au visage toujours plus produit et lissé que Throat donne à sa musique. Je ne dis pas que Smile Less est un mauvais album, il est même très bon dans son genre, mais il ne me plait tout simplement pas et la musique qu’il contient ne me convient pas. Trop de gros son, trop d’effets de manche, trop de théâtralité, trop de clinquant néo-gothique – un peu comme sur le dernier album d’Årabrot mais la prétention et le lyrisme religieux en moins, fort heureusement – et pas assez de crasse, de boue et de sang.

Je dois dire que Smile Less peut se révéler terriblement séduisant. Mais je trouve donc que sa sophistication tue tout son pouvoir de séduction. Ainsi les lignes de basse lourdes et appuyées, le chant très grave, caverneux et presque incantatoire ainsi que l’atmosphère pesante de Conveyer Line font espérer le meilleur pour la suite mais rapidement l’album s’enfonce dans les facilités artificielles (je ne suis vraiment pas contre quelques enluminures au synthétiseur mais quand même) et construit des architectures certes spectaculaires mais peu convaincantes. Sans compter que Throat ne nous épargne pas quelques fautes de goût : le solo de guitare indignement décoratif de Grounding, les atermoiements de Hospice (placé en fin de disque, nous laissant malheureusement sur une mauvaise note) ou les effluves industrielles de Home Is Where Your Hurt Is, débouchant au final sur pas grand chose. Beaucoup de titres de Smile Less souffrent précisément de ce même problème : indubitablement les quatre Throat savent comment démarrer une composition mais le groupe a tendance à se perdre en route – à choisir la mauvaise direction, oserais-je dire – et souvent tout se termine en impasse.

Ce n’est peut-être pas un hasard si Shots est mon titre préféré de l’album. C’est aussi le moins ambitieux, le plus direct et le plus basique de Smile Less. Je trouve Throat bien plus à son aise lorsqu’il n’embarrasse pas son rock – on ne peut vraiment plus parler de noise-rock au sujet de la musique du groupe – d’artifices et de pompes à paillettes auto-réfrigérées (Vanilla Cuts me fait presque penser au Ceremony post Rohnert Park et s’enfonçant dans une new-wave trop large pour lui). Un retour à plus de simplicité est peut-être la clef pour l’avenir. Mais je doute que Throat choisisse réellement cette option. Par contre, je reste persuadé que tout ce que le groupe fait, il le fait avec sincérité et sans arrière-pensées. Tant qu’il en sera ainsi je continuerai à écouter chacun de ses nouveaux enregistrements. Sait-on jamais ?


[Smile Less est publié en vinyle et en CD par Svart records]


* pour les curieuses et les curieux : la chronique de Bareback


vendredi 18 juin 2021

[chronique express] Vintage Crop : Serve To Serve Again




 

Encore un groupe de punk / post-punk / whatever, encore un groupe Australien, encore un groupe publié à la maison par Anti Fade records mais dont le troisième album a fort heureusement bénéficié d’un repressage européen grâce à Upset! The Rhythm, label londonien plus que providentiel. VINTAGE CROP se détache carrément du lot et il se murmure même avec insistance que Serve To Serve Again serait de loin son meilleur disque. Je n’en sais rien du tout puisque je ne connais pas les deux autres mais je suis totalement tombé sous le charme d’une musique qui fleure bon le british style, ce truc mid-tempo entre fausse nonchalance et goguenardise, sans oublier quelques rares touches de kitsch synthétique pour relever la sauce. Evidemment Vintage Crop n’a rien inventé, n’est pas un groupe de la fin des années 70 / début des années 80, originaire du nord de l’Angleterre et qui fait de la musique pour tuer le temps entre deux bières et une baston mais un groupe de maintenant qui (contrairement à moi) sait manipuler les clichés et les retourner à son avantage. Du genre consolateur mais jamais accommodant, si tu vois ce que je veux dire. 

 

 

jeudi 17 juin 2021

Black Ink Stain : Incidents







I See You Dead... le premier extrait d’Incidents positionné aux avant-postes des internets dès le mois d’avril dernier n’avait trompé personne sur les intentions de BLACK INK STAIN, jeune trio clermontois très respectueux des tables de la Loi. Et les premières écoutes de l'album m’ont tout de suite convaincu que j’allais beaucoup aimer ce disque. Cela a été imparable. Avec en prime une enseigne géante de néons électriques clignotant furieusement dans ma tête, me rappelant comme si j’en avais encore besoin cette règle absolue du noise-rock réactionnaire et conservateur – qualité / savoir-faire / tradition – et que je me répète à chaque fois comme un mantra maléfique dès qu’un disque de la trempe de celui-ci tombe entre mes oreilles. Encore du bousin explosif, encore un truc à la fois lourd, gras et puissant, brûlant et froid, un amas de tripailles qui s’adresse d’abord et principalement aux fanatiques et admirateurs d’Unsane, l’incontournable modèle du genre. 

Il y a des choses qui rassureront toujours le dépressif à temps partiel que je suis, qui atténueront toujours mes peurs et calmeront mes névroses et la musique fait partie de ces choses là. Dans Incidents on trouve des riffs qui torpillent, parfois très insidieusement, des lignes de basse qui terrassent, du chant de braillard qui te crache à la gueule, des compositions pesantes et puissantes, du gros son concocté par l’éternel David Weber au studio des Forces Motrices à Genève, un penchant avoué pour la musique urbaine folklorique US du début des années 90 et pour la perpétuation des traditions charcutières. Et, plus que tout le reste, il y a cette possibilité offerte sur un plateau de s’isoler, solidement entouré par un mur du son dévastateur qui fait le vide absolu tout autour (et là du coup on a un peu moins peur, en tous les cas cela fonctionne très bien avec moi).

Tout bien sûr n’est pas parfait sur Incidents, la deuxième face du disque se traine un petit peu plus en longueur et on se surprend à penser que le riff-leitmotiv de deux notes et demi et très basique de Frozen Stance doit forcément faire un carnage en concert mais qu’à écouter tranquillement à la maison ce n’est pas forcément la meilleure idée du monde. Mais rassurons-nous, sur ce premier album il y a nettement plus de moments vraiment appréciables et fulgurants que de passages réellement ennuyeux. Et les trois Black Ink Stain nous ménagent même quelques surprises, telle que Sans Façon, un titre instrumental avec une technique imparable d’hameçonnage, nous forçant à constamment rester en attente d’une ligne de chant qui donc ne viendra pas… on suit par contre avec délice la basse vrombissante et la guitare qui en profite elle pour se montrer un peu plus aventureuse que sur les autres compositions d’Incidents. Le chant clair au début de Pont Des Goules vient également pondérer un enregistrement qui sans cela pourrait sembler un peu trop monolithique (rien de tel qu’un verre d’eau de vie pour dissoudre les graisses). Parce que même si on aime avoir mal il est toujours bon de souffler un peu. Jusqu’à la prochaine fois. Alors à bientôt j’espère, dans une cave humide ou un hangar pourave, pour (re)découvrir ce disque incandescent en live, dans la vraie vie.


[Incidents est publié en vinyle transparent (avec quelques jolis traces de splashs étoilés noirs et blancs dedans) par Araki, Day Off et P.O.G.O. records – très actif et vénérable label franco-belge, au moins 150 référence au compteur depuis le temps, quand même]


 

mardi 15 juin 2021

Comme à la radio : T-Shirt et Litige

 

 


  

 

Ce n’était pas vraiment un concert mais une émission retransmise en direct sur radio Canut avec des interviews puis quelques titres joués en live par T-Shirt et Litige devant un public restreint. L’occasion pour les premier·ière·s de présenter les compositions de leur futur deuxième album – qui s’annonce très bon – et pour les second·e·s de réenclencher la machine à tubes. L’occasion aussi de recroiser quelques têtes et de se donner des nouvelles, maintenant que l’on va peut-être enfin pouvoir arrêter de compter le temps en périodes de confinement.