Conseil d'utilisation : ceci n'est qu'un blog. Mais sa présentation et sa mise en page sont conçues pour qu'il soit consulté sur un écran de taille raisonnablement grande et non pas sur celui d'un ego-téléphone pendant un trajet dans les transports en commun ou une pause aux chiottes. Le plus important restant évidemment d'écouter de la musique. CONTACT, etc. en écrivant à hazam@riseup.net

Affichage des articles dont le libellé est S.K. records. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est S.K. records. Afficher tous les articles

dimanche 18 avril 2021

Comme à la radio : Fontanarosa


 


 

 

C’est dimanche, j’en profite pour rester toute la journée habillé en vieux pantalon de jogging informe et porter mon t-shirt préféré d’Iron Maiden, faire un peu de ménage, nourrir les chats, couper mais pas trop non plus les grandes herbes du jardin, écouter des disques et vider quelques tiroirs. Et là je tombe sur une petite boite – certes numérique – dans laquelle s’accumulent des messages promotionnels et autres lettres d’info. Au milieu de tout ce bordel de mots doux envoyés par des vrais gens qui ne me connaissent pas toujours et des robots informatiques qui font semblant de me connaitre par cœur, je tombe sur celui-ci, sobrement intitulé « new release from S.K. records ». C’est un message du 26 mai 2020, reçu à 15h43…

 


 

FONTANAROSA est le projet solo de Paul Verwaerde, auparavant guitariste de Monotrophy, regretté duo de kraut trigonométrique dont on avait dit beaucoup de bien dans cette gazette à temps perdu et dont on attendait beaucoup pour la suite. Un pronostic qui malheureusement s’est avéré totalement faux… Mais je ne vais pas refaire le monde (et après tout je suis toujours en pantalon de jogging).
Comme on dit parfois voilà un mal pour un bien. Le bien – et même plus que ça – c’est donc Fontanarosa et sa première cassette éponyme. Six titres de power pop lo-fi et néanmoins ultra classieuse enregistrée à la maison et avec les moyens du bord. L’histoire ne dit pas comment Paul était habillé au moment de mettre en boite ce premier essai fortement influencé par quelques musiques britanniques des années 80 et du début des années 90, quelque part entre les Television Personalities et Boyracer... et avec une pointe de La’s. Ce genre de bijoux aristocratiques, parfois agités mais mélodiques et poignants. Honnêtement je ne m’en remets pas.

Et qu’on se le dise : la cassette n’étant pas le support physique le plus populaire et l’humeur générale actuelle étant plutôt à la frustration sanitaire et sociale Fontanarosa est toujours disponible auprès de S.K. records et de Howlin’ Banana records.


ps : je vais également tenter de rattraper mon retard chronique sur l’actualité musicale… apparemment Paul / Fontanarosa s’est lancé dans la collecte de vidéos de visages de chiens – oui c’est très précis et très technique – et j’ai envie d’imaginer qu’il est en train de nous concocter quelque chose pour accompagner et illustrer un éventuel nouvel enregistrement

 

 

 

mercredi 20 mars 2019

Gum Takes Tooth / Arrow





En 2015 le label lyonnais S.K. records s’associait au label londonien Tigertrap pour rééditer en vinyle Silent Cenotaph, le tout premier album de GUM TAKES TOOTH  (initialement publié en 2011 et uniquement en CD par les anglais). Quelques concerts ont évidemment suivi dont celui au Sonic en février 2016 : c’est un peu par curiosité mais surtout par désœuvrement, qu’est ce que j’peux faire j’sais pas quoi faire, que je m’étais ce soir là rendu sur la péniche lyonnaise ; aujourd’hui j’ai vraiment beaucoup de mal à me rappeler des deux autres groupes également sur l’affiche – il s’agissait d’un concert mutualisé, trois orgas/trois groupes – par contre je n’oublierai jamais l’effet durablement ravageur qu’a eu sur moi le concert de Gum Takes Tooth.
Le duo est composé de Jussi Brightmore et de Thomas Fuglesang ; le premier s’occupe des synthétiseurs et du chant de sirène urbaine (et des artworks du groupe) ; le second joue de la batterie, des percussions et également d’un peu de synthétiseur. Et à partir de là, rien ne va plus. Je n’aurai absolument pas le sentiment d’exagérer en affirmant directement que Gum Takes Tooth ressemble à pas grand-chose de connu, que la musique du groupe n’a que peu voire aucun équivalent en ce pauvre monde en voie de décomposition rapide.

Une affirmation pleinement vérifiée par Arrow, le troisième album de Gum Takes Tooth publié début 2019 par Rocket recordings. Je pourrais citer quelques références mais celles-ci concernent également des groupes et des musiques elles-mêmes inqualifiables et non catégorisables. Coil par exemple : il y a chez Gum Takes Tooth (aussi bien dans certaines parties de chant que dans certaines lignes de synthétiseurs) des réminiscences du duo mythique formé par Jhonn Balance et Peter Christopherson, mais des réminiscences bâtardes, à cheval entre l’industriel fantomatique de Scatology/Horse Rotorvator et les bains d’acide de Love’s Secret Domain. Tout ceci me semble tellement évident tout comme cela me parait bien flou. Parce qu’il y a encore autre chose chez Gum Takes Tooth. Comme il y a autre chose qu’un lointain lien de parenté supposée entre le duo et un Fuck Buttons devenu enfin un peu signifiant ou un Battles assumant son coming out synthétique. On peut également trouver quelques traces d’industriel version Throbbing Gristle (sur Fights Physiology qui ensuite évolue vers un ailleurs différent) ou de la noise dans la musique du duo et il est vrai que Gum Takes Tooth sait insuffler une énergie follement bruitiste à ses compositions (un peu comme savaient le faire les Yellow Swans, certes dans un registre différent). D’aucun diront également qu’il y a définitivement du rock là dedans ou même du kraut, moi je veux bien mais, encore une fois, ce n’est toujours pas suffisant. Que dire alors d’un A Still Earth si ce n’est que ce titre donne l’impression d’écouter du Swans télescopé par Kluster ? Plus je cherche – et trouve – des éléments de comparaison et des références et plus j’ai envie d’aller voir ailleurs si j’y suis pour en trouver d’autres ou mieux encore pour ne plus en trouver du tout. 

Gum Takes Tooth arrive à créer un son unique en associant des synthétiseurs complètement hallucinés et qui ne se répètent pas (que ce soit en terme de textures, de sonorités que de tempos, parce que le groupe a le bon goût de ne jamais en systématiser l’utilisation) avec une batterie très présente et très souvent en mode organique et tribal mais également fracassée aux effets. Il est souvent dit d’un disque ou d’un groupe que houlala-non-mais-il-y-a-un-petit-truc-en-plus-qui-fait-toute-la-différence dès que l’on tombe sur quelque chose d’un peu plus authentique que la moyenne bassement supérieure d’un échantillon représentatif de la surproduction musicale actuelle aussi je manipulerai et formulerai mes mots avec soin et circonspection, appelez-moi chère prudence, haha : Gum Takes Tooth est le groupe le plus novateur et le plus original qu’il m’ait été donné d’écouter toutes ces dernières années.
Tout Arrow sent la grosse bidouille éclatée mais je veux parler de bidouille brute et expérimentale, celle née dans les têtes échauffées et les tripes noueuses de deux musiciens qui n’ont que faire des ordinateurs, des presets limités et des outils de production standardisés et qui utilisent de façon quasiment démoniaque des synthétiseurs bricolés pour générer nappes synthétiques et tourbillons sonores. La batterie quant à elle occupe une place centrale et puise énormément dans les rythmes africains et sud-américains : la frénésie et l’empilement des rythmes, l’explosion des beats et les vortex rythmiques sont essentiels et même vitaux chez Gum Takes Tooth – d’où, sûrement, ce souvenir tellement vivace du concert cathartique d’il y a trois ans. Tout semble tourner autour des rythmes du duo et cependant la musique de Gum Takes Tooth est incroyablement charnelle, faite de matières vives et folles, en mutation permanente, c’est un magnifique bordel, un abime d’idées bouillonnantes. Tant pis si la teneur générale de Arrow ne semble pas inciter à la joie de vivre et ressemble avant toute chose au témoignage d’un monde et de vies qui partent complètement en vrille… il y a comme un sentiment de lutte instinctive qui ressort malgré tout du disque, l’agitation se meut en cri de révolte et il y aura toujours quelque chose à faire contre la merde ambiante.

[Arrow est publié en CD et en double vinyle par Rocket recordings]

lundi 4 mars 2019

Noyades - Tomaga - Josef Van Wissem - La Jungle / Studios Davout


Quel point commun y a-t-il entre Abbey Lincoln, Passion Fodder, Catherine Ribeiro + Alpes, Danny Brillant, The Cure, Archie Shepp, Vince Taylor, Los Carayos, La Bande A Basile, Rihanna, Blasphème, NTM, Sam Rivers, Vladimir Cosma, Stockhausen, Les P.P.I., André Popp, Dalida, Nico, Rhys Chatham, Yves Duteil, Pharrel Williams, AC/DC, Jimmy Sommerville, U2 ou Luciano Berio ? Elles/ils ont toutes/tous publié un disque enregistré et/ou mixé aux Studios Davout. Pour tous les détails historiques je vous laisse faire vos propres recherches et relire plus attentivement les notes de pochette des disques de votre collection personnelle ; pour les larmes à l’œil ne comptez pas non plus sur moi : bien qu’ayant définitivement fermé ses portes en avril 2017, victimes de je ne sais quelle ambition d’urbaniste du Grand Paris, les Studios Davout resteront à jamais dans les mémoires (et les oreilles) de milliers millions de fans de musique(s) grâce aux caractéristiques techniques et acoustiques d’un lieu à jamais mythique – le célèbre studio A mesurait pas moins de 320 m² avec une hauteur de plafond de 9 mètres, fastoche puisque c’était à la base une ancienne salle de cinéma...
Alors que la fermeture des Studios Davout était programmée, le projet de profiter (si j’ose dire) une dernière fois de l’endroit et de sa magie afin d’y enregistrer un disque ultime avec la participation de quatre groupes amis et/ou admirés naissait dans les esprits d’une bande d’énergumènes passionnés : l’idée de départ n’était pas de procéder à un enterrement de première classe avec homélie, tralalas et couronnes de fleurs mais bien de rendre éternellement hommage à un haut lieu de la musique enregistrée, comme un baroud d’honneur. Ainsi est né l’ambitieux projet Studios Davout… une entreprise de longue haleine puisque le disque a mis presque deux ans pour être publié.




C’est précisément aux Studios Davout que les lyonnais de NOYADES ont enregistré en janvier 2016 leur premier album Go Fast – avec toute la réussite que l’on sait. Évidemment Noyades est de la partie pour Studios Davout avec un inédit d’excellente facture et surtout complètement dingue, ahurissant. Mixture haute tension de noise catartique, de metal sous acides, de transe chamanique et de kraut psychédélique, la musique de Noyades prend ici une toute autre dimension, celle du free : la première partie de Djouhri est aussi explosive qu’explosée, chaque instrument (guitare/basse/batterie) semblant tournoyer sur lui-même et le résultat possède la fureur et la densité d’un geyser de magma incandescent, comme quoi on peut parfaitement être straight-edge – le guitariste de Noyades ne consomme que des pizzas sans champignons – et jouer une musique totalement hallucinogène. Sur sa seconde moitié Djouhri calme nettement le jeu, prenant les allures d’un dub maléfique, parfaite descente et plénitude des sens quand tu nous tiens. J’ai ouï-dire que les trois musiciens de Noyades ne sont pas des ultra-rapides de la composition mais si le prochain album du groupe (parution attendue pour 2023 ?) se révèle être dans la veine de ce Djouhri je sens que je vais être à nouveau obligé de me prosterner.
Suit TOMAGA, duo anglo-italien formé de Tom Relleen (basse, synthétiseur, etc.) et Valentina Magaletti (batterie, percussions, etc.) qui jouent l’une des musiques parmi les plus subtiles et les plus belles que j’ai pu découvrir ces dernières années. Si les mots « magie » et « émerveillement » pouvaient avoir une traduction musicale, Tomaga en serait l’inventeur ou tout du moins l’un des initiateurs. The First Lesson Is Free possède également un sous-texte dubisant et s’enchaine parfaitement avec la partie finale du Djouhri de Noyades sauf qu’ici tout est question de micro-impacts et de bribes mélodiques s’articulant en une mécanique sphérique multidimensionnelle, comme la réponse simple et limpide à une question des plus complexes. Faire preuve d’autant d’évidence que de mystère et de poésie est une chose tellement rare.
La première face de Studios Davout sachève avec JOSEF VAN WISSEM, compositeur minimaliste néerlandais et basé à Brooklyn/New York. Van Wissem utilise le luth comme instrument principal, instrument qu’il dépoussière de tous ses clichés moyenâgeux et barbants : The Priests Bones Lie Burned On The Altar, Purged ne déroge pas à la règle et résonne (au sens propre comme au sens figuré) comme la plupart des travaux du compositeur, entre mélopées crépusculaires et mélancolie aride – Jozef Van Wissem apporte lui aussi sa contribution poétique au disque…

… Poésie qui perdure au début de la seconde face puisque le musicien y figure à nouveau avec The Shunning, composition peut-être un peu plus dense et moins contemplative. Tomaga enchaine avec un deuxième morceau intitulé The Inexorable Sadness Of Pencils qui n’est pas réellement un inédit puisque entre l’enregistrement de celui-ci début 2017 et la publication de Studios Davout le duo l’a inclus dans son mini album Memory In Vivo Exposure publié par Hands In The Dark, un disque épuisé depuis. Alors qu’importe puisque The Inexorable Sadness Of Pencils est une nouvelle démonstration de tout le talent de Tomaga et de l’incroyable capacité du duo à faire naitre rêverie éveillée et fourmillements spatio-temporels.
Dernier groupe à figurer sur le disque, LA JUNGLE trouve d’ordinaire peu de grâce à mes yeux, disons que le duo bruxellois me fatigue plutôt rapidement avec ses trépidations transe-noise-whatever, que ce soit sur disque ou en concert. En ne proposant qu’un seul titre – certes de plus de neuf minutes – La Jungle n’a pas le temps de m’échauffer les oreilles et je suis même obligé d’avouer que la suite progressive et hystérisée de OK But This Is Not A Parachute est non seulement efficace et revigorante mais qu’en plus elle est très pertinente vis-à-vis de la « construction » de Studios Davout en présentant une alternative très électrique au Djouhri de Noyades. OK But This Is Not A Parachute est la conclusion paroxystique mais néanmoins chargée d’étrangeté d’un projet qui exécute une rotation sur lui-même et qui honore ses intentions initiales avec à-propos et inventivité, offrant à l’ensemble cohérence, pertinence et soulignant toute la diversité d’un disque particulièrement éloquent et réussi. Pour en revenir à La Jungle, le duo s’apprête à publier son troisième album… et je sens que je vais me laisser faire.

[Studios Davout est publié avec une pochette gatefold illustrée par Michael Sallit et en vinyle rouge transparent par S.K. records]

lundi 31 décembre 2018

Comme à la radio: Commando Koko






Animateur privilégié de tes soirées lyonnaises les plus folles, auteur de mixtapes à réveiller les grabataires habituellement amateurs de guitares saignantes, de freeture de binious ou de grincements de tractopelles éventrées – oui là je parle de moi – COMMANDO KOKO sort un single pile-poil au bon moment pour combattre l’injonction traditionnelle des fêtes de fin d’année et relever le niveau général.




Landscape Of Love est un vrai tube sur lequel on remarquera la guitare très funky d’Anto (Fat32 / Chevignon) et surtout le featuring d’Eosine 1ere  dont le chant de velours noir se marrie parfaitement avec l’acidité des arrangements et le beat appuyé imaginés par Commando Koko. En face B Sans Cœur est un instrumental qui navigue une fois de plus entre déhanchements et ombres électroniques ; cette musique est bien plus trouble qu’elle ne le semble au départ, même si pour ma part je regrette un petit peu le côté plus low house de certaines autres compositions de Commando KokoLove Sensation par exemple.

Le magnifique artwork représentant l’artiste en personne est signé Der Kommissar c’est à dire le nom que prend Commando Koko dès qu’il peint et qu’il dessine, vérifiant le célèbre adage qui affirme que l’on est jamais aussi bien servi que par soi-même (surtout lorsque c’est fait avec autant d’humour). Et en publiant ce disque en collaboration avec Atomic Bongos, S.K. records* démontre une fois de plus son goût prononcé pour l’éclectisme et l’aventure**.

* Tristan aka Commando Koko aka Der Kommissar est aussi l’un des cofondateurs historiques de S.K. records et ancien bassiste des trublions de Ned
** en 2019 S.K. records fêtera officiellement son vingtième anniversaire avec plein de concerts, encore plus de disques et une avalanche de surprises – on en reparlera en temps voulu

samedi 26 mai 2018

Émilie Zoé + T-Shirt + Monotrophy @Périscope [23/05/2018]







Encore une bien belle soirée organisée par S.K. records : Émilie Zoé de retour après le concert d’Autisti du mois de janvier, les lyonnais de T-Shirt pour la sortie du premier album du groupe et enfin les deux Monotrophy qui ont tout donné lors d’un concert complètement fou et furieusement hypnotique.

mercredi 2 mai 2018

Raymonde + Zohastre @Sonic [30/04/2018]



Je me dis que parfois on ne peut pas tout avoir : un son de concert impeccable ET une chouette lumière pour faire des photos. Alors tant pis, au Sonic prendre des photos est souvent un sacerdoce, entre la scène très haute et la faible lumière qui renvoie surtout des reflets rouges.

Ce soir là jouaient donc Raymonde et Zohastre dont c’était la release party de l’album Pan Of The Master Pipers co-édité par S.K.records et Zamzamrec.