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vendredi 26 août 2022

Sihir + Cuntroaches + Sheik Anorak @Grrrnd Zero [19/08/2022]

 



Une soirée placée sous le signe du bruit et évidemment concoctée par les fondu·es de l’Hygiène Sonore avec au programme Sihir et Cuntroaches – deux groupes en provenance directe de Berlin – puis, en guise de contrepoint, Sheik Anorak pour un set plus hypnotique et plus répétitif qu’à l’accoutumée (et parfait pour une fin de concert en mode descente de canicule). Après trois semaines de break c’est tout ce qu’il me fallait pour m’inciter à ressortir de mon antre et renouer quelques liens sociaux avec des êtres vivants autres que des chats.


































































































mercredi 4 mars 2020

Håla Duett / Rana


La première fois que j’ai vu Håla Duett en concert le groupe n’avait pas encore trouvé de nom – d’ailleurs je crois qu’il s’agissait de l’une de ses toutes premières apparitions en public – et il s’était alors présenté comme la simple réunion de deux musiciens amis : Sheik Anorak et Yann Joussein. Je ne vais pas te faire l’affront de te parler davantage du premier* mais je ne devrais pas non plus avoir à le faire pour le second, batteur de son état, jouant ou ayant joué au sein de DDJ, Coax Orchestra, Snap, Tweedle Dee, Pipeline, Heretic Chaos**… en fait ces deux-là auraient presque l’air de faire un concours de celui qui participera au plus grand nombre de projets, non ? A l’automne 2017 le duo n’en était donc qu’à ses débuts et honnêtement je ne garde pas de souvenirs très précis d’une prestation qui n’aura duré que peu de temps et au cours de laquelle les deux musiciens devaient encore très certainement chercher leur voie (et leur voix).




Rana est le premier enregistrement d’Håla Duett et il s’agit un 12’ monoface de quatre titres finalisés au cours d’une tournée scandinave l’année d’après, en 2018. Au regard de ma première confrontation un peu floue avec le groupe, ce premier disque constitue une très bonne surprise : les compositions hyper inspirées jouent sur la répétition d’un rock expérimental et incluent des motifs à la guitare électrique et des parties de batterie en provenance direct d’Afrique de l’Ouest. Si j’étais un inculte amateur de raccourcis simplificateurs je ferais tout de suite le rapprochement et la comparaison avec certaines compositions de The Ex mais Håla Duett ne va pas dans le même sens, davantage formaté chanson, que les hollandais volants en étirant ses tourneries électriques (Kida Ne Kidai Hanya et Ba’a Iyakance Ba) et en les chargeant parfois de dissonances abrasives (comme sur l’explosif et instrumental Mutuwar Mutuwa). Difficile de ne pas carrément penser aux nomades du désert et aux Touaregs et de ne pas se laisser emporter par un tourbillon sonique qui joue sur des effets de transes voire de lévitation. Je pourrais avoir honte d’avoir recours à la facilité en parlant ici de « voyage » mais pourtant il s’agit bien de ça : voilà une musique qui précisément trouve une bonne partie de son inspiration dans un ailleurs très différent de la culture et de l’environnement habituels des deux musiciens et Rana est un enregistrement qui fait décoller l’auditeur pour le faire voyager, sans aucune tentative de racolage simpliste ou illustratif. 
Enfin, la voix occupe désormais une place importante dans la musique d’Håla Duett. Sur quatre compositions trois sont dotées d’un chant s’exprimant en Haoussa, une langue d’Afrique de l’Ouest et parlée par le peuple du même nom et originaire du Sahel. Ici toujours pas d’appropriation honteuse, il semble logique et évident qu’une musique autant inspirée par le désert et ses traditions musicales puisse également emprunter l’une de ses langues. Le coté psalmodié et litanique mais toujours emprunt de légèreté du chant – comme du Damo Suzuki égrenant des champignons magiques pour Can – lui confère un côté onomatopéique et presque ludique. On ne comprend pas ces mots là mais on les devine, alors on se moque du sens qu’il y a peut-être là dedans ou peut-être pas… l’important reste l’intention que l’on peut déceler. Et celle d’Håla Duett me semble avant tout portée sur la générosité, le partage, l’altruisme et toutes ces valeurs qui manquent tellement aux musiciens atteints du syndrome d’exemplarité et qui pensent avoir inventé quelque chose alors qu’ils rabâchent sans s’en rendre compte. De toute évidence Sheik Anorak comme Yann Joussein sont tout le contraire, juste deux êtres humains qui avant tout veulent donner.

[Rana a été publié début octobre 2019 en vinyle par Gaffer records et le Collectif Coax – comme pour les deux derniers EP de Sheik Anorak le disque est transparent et emballé dans une pochette avec un motif simple de couleurs vives et transparente elle aussi, c’est aussi beau que réussi]   

* et si vraiment tu n’en sais rien tu peux toujours cliquer sur le tag « Sheik Anorak » juste en dessous
** mais aussi Yann Joussein compte parmi les membres fondateurs du collectif parisien Coax

vendredi 14 février 2020

Sheik Anorak / CBG2


Moins c’est plus. C’est en tous les cas ce que semble penser SHEIK ANORAK qui un an après GBG1, un premier 12’ monoface de quatre titres fort réussi et très remarqué, a donné une suite logique à celui-ci avec un deuxième disque de même format, cette fois-ci intitulé GBG2. Dire que ces deux EPs complémentaires forment un tout cohérent et auraient pu être regroupés sur un seul et même album longue durée n’a rien d’une simple vue de l’esprit : même titre ou presque, même souci esthétique avec même type d’artwork minimaliste et même cohérence des couleurs, même beauté austère, même pochette plastifiée laissant apparaitre un beau vinyle transparent*… et puis aussi… même musique ? Oui et non.
Tout d’abord et au risque de me répéter on peut toujours et sans aucune difficulté reconnaitre la musique de Sheik Anorak, que celle-ci emprunte des accents très pop ou qu’elle flirte plus brutalement avec l’expérimental (je pense particulièrement au plutôt ardu Or, encore un disque monoface – tiens tiens – publié il y a presque cinq ans par Poutrage records). Le concert de Sheik Anorak auquel j’ai pu assister il y a quelques semaines allait d’ailleurs dans le même sens et m’a précisément plu pour cette raison là : très varié musicalement il possédait malgré tout un fil rouge, la musique gardant toujours ce caractère d’exigence et d’accessibilité et, surtout, laissant invariablement apparaitre le même sourire heureux sur le visage d’un musicien dont on pouvait sentir qu’il prenait un égal plaisir à explorer toutes les facettes possibles d’un projet toujours plus personnel. 






Avec GBG2 Sheik Anorak aborde le côté le plus électronique de sa musique. Je me rappelle qu’à une époque il s’était lancé dans un side-project purement electro du nom de Bless / Curse (projet semble t-il abandonné depuis) et que depuis cette expérience le musicien n’a cessé de construire des ponts entre son côté pop ou noisy et son côté digital – au même moment il avait également partiellement laissé tomber sa guitare, ses pédales d’effets et autres loopers au profit d’un chaos pad et d’un laptop. Incontestablement des titres tels que le très technoïde GBG et le lancinant Let Go sont issus d’une telle démarche. Sheik Anorak y explore une techno minimale mais toujours narrative : sur GBG un gimmick délicatement fleurissant couplé aux cliquetis de la pédale charley nous rappelle que rien ne devrait être impossible dès qu’il s’agit de donner intelligemment envie de bouger ; Let Go pousse cette logique encore plus loin et je trouve cette seconde composition instrumentale tellement réussie que souvent je me demande ce qu’elle donnerait entre les mains et les oreilles d’un DJ désireux de la remixer en version longue.
Mais il ne faudrait pas oublier non plus que Sheik Anorak est un chanteur et que chanter fait désormais partie intégrante de son mode de création et d’expression (alors que les tout débuts du projet étaient purement instrumentaux). Tout comme We Should Be All Feminists faisait figure de profession de foi sur GBG1, (Hetero)sexual Misconceptions éclaire GBG2 d’une lumière et d’une intensité similaires et nécessairement militantes. Plus loin Rhodium reprend pleinement à son compte l’efficacité mélodique et l’efficacité rythmique de la musique Sheik Anorak pour aboutir à ce qui me semble bien être l’une de ses meilleures compositions à ce jour – avec rythmes martelés, textures sombres, chant volontaire mais pourtant jamais envahissant, presque glacé, simplicité mélodique et trouvailles sonores en guise d’accroche-cœurs électrificateurs. Assurément un vrai tube pour amateurs de danse électrostatique sur permafrost. Je ne sais pas si le prochain disque de Sheik Anorak s’intitulera GBG3 ou autrement mais je l’attends dores et déjà avec beaucoup d’impatience.

[GBG2 est publié en vinyle par Araki records et Gaffer records]

* à ce sujet le label russe Noisy Forecast a édité une cassette regroupant CBG1 et CBG2 – l’écoute en continue de celle-ci est particulièrement bluffante  

vendredi 24 janvier 2020

Sheik Anorak @Périscope [21/01/2020]






Un concert à la maison il n’y a rien de tel et le public lyonnais a répondu présent pour celui de SHEIK ANORAK qui selon ses propres dires n’avait pas joué en solo dans sa ville d’origine depuis près d’un an. 
La date au Périscope était ainsi la toute dernière d’une tournée organisée pour la parution d’un nouvel EP intitulé GBG2 et dont on reparlera par ici, sûrement, un jour. Un concert qui a également permis de constater que la musique de Franck/Sheik Anorak est toujours aussi passionnante et généreuse, sensible et intelligente, parfois teintée d’étrangeté mais toujours accessible. Vivement l’année prochaine.





























[un diaporama avec toutes les photos du concert par ici] 




mercredi 16 octobre 2019

Les 10 ans du Gaffer Fest – deuxième soir [12/10/2019]






Deuxième soir du Gaffer Fest 2019 avec Killerkume (noise machine), KLS (grind hardcore en mode grosse artillerie), Forbidden Wizards (punk hardcore trop bien), Schakalens Bror & Sheik Anorak (si tu as oublié tes earplugs tant pis pour toi parce que maintenant tu es sourd) et les excellentissimes U*R*S*A qui m’ont presque donné envie de me trémousser (mais mon côté psychorigide m’en a une fois de plus empêché).

Merci Gaffer records, ce fut vraiment une très belle édition du festival. Et merci Grrrnd Zero, mention spéciale pour les nouvelles lumières de scène. L’intégralité ou presque des photos par ici.