Conseil d'utilisation : ceci n'est qu'un blog. Mais sa présentation et sa mise en page sont conçues pour qu'il soit lu sur un écran de taille raisonnablement grande et non pas sur celui d'un ego-téléphone pendant un trajet dans les transports en commun ou une pause pipi. Le plus important restant évidemment d'écouter de la musique.

mercredi 26 juin 2019

Dead Arms / Simply Dead


Qui n’a jamais assisté à un concert de Dead Arms et se contentera uniquement de jeter un œil sur la pochette de Simply Dead ne pourra jamais deviner de quoi il en retourne exactement avec la musique de ce groupe anglais que personnellement je tiens en très haute estime. Ce n’est peut-être qu’un simple détail pour toi mais moi je suis de la vieille école, celle de l’« objet » (du moins ce qu’il en reste en ce bas monde virtuel et paradoxalement de plus en plus matérialiste), cette école où on passe beaucoup de temps à scruter les pochettes et les notes des disques à la recherche de la moindre information ou de n’importe quelle précision qui fera toute la différence. Sans doute parce que la musique ce n’est pas que de la musique mais bien d’autres choses encore.
Simply Dead est le deuxième album de DEAD ARMS et son artwork aussi naïf que peu explicit est signé Halloway*, Danny de son prénom, et il s’agit du bassiste du groupe (et également celui de USA Nails). Question informations on n’en saura pas beaucoup plus en lisant les maigres notes de la pochette intérieure mis à part que l’album a été enregistré par Wayne Adams au Bear Bites Horse studio durant l’année 2018 ; le bonhomme a enregistré énormément de groupes anglais de cette génération très prolifique et passionnante tels que les déjà cités USA Nails, Death Pedals, Silent Front, etc. mais aussi les derniers albums en date de Gum Takes Tooth** ou de Terminal Cheesecake***. Cela n’étonnera donc personne que Simply Dead sonne incroyablement bien, l’enregistrement étant largement à la hauteur du punk noise de Dead Arms et complètement au service d’un album franc du collier, sauvage, massif et complètement électrisant. 




Il aura fallu cinq années au groupe pour sortir ce deuxième album, le premier – le déjà très bon All The Hits – datant de 2015 et entretemps Dead Arms aura juste publié en 2017 une cassette avec des pré-versions enregistrées en prise directe de quatre compositions dont les versions définitives figurent désormais sur Simply Dead (seule une reprise désossée et hilarante du Relax de Frankie Goes To Hollywood a échappé au lifting définitif). Cette cassette ne laissait entrevoir que de bonnes choses pour la suite mais ne présageait pas à ce point là d’un album d’une telle teneur ni d’une telle qualité. Parce que Simply Dead est tout simplement impérial et foudroyant. Il ne se contente pas d’être un disque furieux et abrasif, Simply Dead est tout simplement grand.
Tout démarre avec Grandad Hates You à la mise en place impeccable : guitare et basse appuyées, mid-tempo pesant et ce chant de malade dont on ne sait trop comment General Waste – un surnom judicieusement choisi – arrive à le faire sortir du plus profond de ses entrailles sans s’arracher les cordes vocales au passage mais dont par contre l’auditeur peut être sûr qu’il va se le prendre en pleine gueule. Une fois que Grandad Hates You a fait table rase les quatre Dead Arms peuvent s’en donner à cœur joie : la musique du groupe est généralement rapide et intense et la suite de Simply Dead va évidemment le confirmer. Comme elle confirmera le talent du groupe pour envoyer des riffs assassins (ceux des intros de Apocalypse Yow ou du génial Tom Hanks) sur fond de rythmiques implacables.
Mis à part Mackaye Corporation qui marque un retour au mid tempo, Simply Dead défile à un rythme proprement infernal pour un enregistrement brut et sauvage et aussi concis qu’un album de punk peut l’être (vingt cinq minutes). Mais il s’agit également d’un album nuancé, qui ne se contente pas de foncer dans le tas et d’étaler ses tripes à l’air libre : Drunk Bananas et son chant plus clair, limite post punk, Kitty’s Lament et ses cassures diaboliques ou Deceptive Carafe et son final imposant pendant lequel le chant répète à l’envie This Is The End / This Is The End / This Is End****… alors non, s’il vous plait et par pitié, ne me dites surtout pas que cette fois c’est vraiment la fin, dites-moi que ce titre d’album n’est qu’un pied de nez ironique et que Dead Arms continuera à faire pulser son punk noise dans nos oreilles meurtries et nos petits cœurs affamés et acharnés pendant encore longtemps.

[Simply Dead est publié en vinyle par Hominid Sounds et Rip This Joint]

* c’est même lui qui a fait tous les artworks de Dead Arms
** le plus que formidable Arrow publié en ce début d’année par Rocket recordings
*** un album dont cette gazette internet parlera bientôt
**** j’ai d’abord regretté que les paroles des chansons de Simply Dead  ne figurent pas dans le disque mais on peut les trouver en allant sur la page b*ndc*mp du groupe, par exemple voilà ce que cela donne pour Deceptive Carafe et en fait les paroles parlent de tout autre chose…