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vendredi 3 juin 2022

[chronique express] Lovgun : Bon Shit Bon Genre

 


LOVGUN, malencontreuse association d'attardés juvéniles s’auto-définissant comme, je cite, un groupe de « grindcore/powerviolence hâtif et loufoque », semble bien parti pour sauver la mise à tous les vieux grincheux, inquiets et autres réfractaires aux progrès de l’extrémisme actuel et qui n’arrivent plus à suivre le rythme forcené de l’apocalypse musicale. Etalage complaisant de riffs beaucoup trop carrés, de blasts top millimétrés, de braillardises ultra-compressées, de gros son, de muscles, de testostérone... de tout ça Lovgun en a vraiment rien à foutre et pulvérise le merdier en déjouant les pièges de la surenchère avec un sens stupéfiant de la débilité et un humour volontairement badgame. Résultat, Bon Shit Bon Genre – l’album a failli s’appeler Gone With The Weed mais c’était déjà pris et de toute façon ça faisait beaucoup trop hippie – agrège en une douzaine de minutes chrono pas moins de vingt titres qui s’achèvent (et nous par la même occasion) par un « Cannibal Corpse medley » de cinquante secondes intitulé Je Vais Te Tuer. Les membres du groupe jouent pas ailleurs dans La Hess, Warfuck, Hørdür ou Fumist, ce qui ne te permettra même pas d’avoir une vague idée du niveau général et le mieux c’est d’écouter par toi-même un disque aussi fulgurant et concis que l’incroyable orgasme qui avait accompagné ta première expérience réussie de masturbation adolescente – j’ai beau détester les vinyles splatter, celui-ci devrait être déclaré d’intérêt public.


dimanche 29 novembre 2020

Comme à la radio : Hecatombe / self titled

 


 

Il n’y a pas très longtemps un ami un peu poète sur les bords me disait qu’il ne connaissait rien de mieux pour bien démarrer son dimanche matin que d’écouter un peu de death metal. Et bien je suis totalement d’accord avec lui. Toutefois, si l’ami en question jette volontiers son dévolu sur des groupes ultratechniques et un poil progressifs qui ont souvent tendance à m’ennuyer profondément, je privilégie pour ma part ceux qui basent principalement leur musique sur des gros riffs bien gras et bien graves sur fond de rythmiques implacables. Old school…

… Alors, pour notre dernière séance de poésie dominicale du mois de novembre de cette belle année 2020 de merde voici donc le premier enregistrement d’HECATOMBE, un groupe dont le credo musical est le suivant : « life is too short to play doom ».

 

 

Bien qu'influencé par le coté suédois de la chose Hecatombe est un trio basé à Lyon et composé d’ex membres de Cult Of Occult (à la guitare) et de Carne (à la batterie) ou actuel Ta Gueule et Shitstorm (au chant, sauf qu’en fait il est batteur dans les deux groupes susnommés). Et inutile de faire de faux procès à ces trois garçons en affirmant que leur musique n’a strictement rien de fin : c’est très exactement le but recherché, Hecatombe pratiquant un death très rapide et finalement joué à la punk, tout en énergie. Certes il n’y a pas de basse dans le groupe ce qui au départ me gênait un petit peu mais le guitariste est accordé tellement bas que l’on finit rapidement par oublier ce genre de détail pour se concentrer sur l’étalage de riffs tranchants et aiguisés comme des lames de rasoir.
La batterie est bien mise en avant dans le mix à tel point que tu pourrais si tu le voulais t’amuser à compter le nombre de kicks à la minute effectués par le préposé au tannage de peaux mais je te souhaite quand même bien du courage, ce petit gars connait son affaire et son jeu est très volumineux et invasif, ne faiblissant jamais, y compris lorsque Hecatombe passe en mode blast beats, flirtant alors avec le grind le plus vicieux. Enfin on peut se demander si le chanteur n’est pas tout simplement schizophrène tellement il semble à l’aise aussi bien dans le registre des growls d’outre-tombe que des crissements grind – à titre de comparaison c’est un peu Seth Putnam* dégueulant au pays de la quenelle hurlante.


Et bon dimanche.

[cet enregistrement de sept titres est disponible en cassette via Breath Plastic Records, en CD via Hecatombe records et j’ai même cru comprendre qu’une version vinyle allait voir le jour, peut-être avant la fin du monde**]


* d’ailleurs tu ne trouves pas qu’il y aurait comme un petit air de famille ?
** non ? bon OK.