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mercredi 16 février 2022

[chronique express] Portal : Hagbulbia

 



Ainsi donc, PORTAL, maitre du death metal obscurantiste et extrémiste, a publié un second album le même jour que le plutôt décevant Avow. On ne saura jamais si dans l’esprit malfaisant du groupe il convient d’écouter Hagbulbia avant ou après son compagnon semizygote : toutes les limites de la musique de Portal se révèlent dans cet entre-temps et cet entre-deux, dans le gouffre qui sépare et relie Avow et Hagbulbia. Concrètement, ce dernier ressemble à une énorme créature sanguinolente et visqueuse, du même plus death metal passé à la moulinette d’un mix où les textures et les sons sont le plus important, où les rythmes et les riffs disparaissent presque complètement pour ressurgir sans prévenir des abysses et où seule la voix est complètement dévouée au service d’une horreur concrètement palpable. Tout n’est donc qu’affaire de production et de manipulation en studio (c’est décidemment à la mode) et dans ses meilleurs moments Hagbulbia pourrait être la rencontre au sommet du dark ambient d’un Lustmord resté coincé dans les 90’s (Heresy, The Place Where The Black Stars Hang), du power electronics de Whitehouse et du metal noir d’Abruptum. Entre la viande avariée d’Avow et le vomi empoisonné de Hagbulbia je préfère malgré tout la version la plus expérimentale et torturée de Portal, dommage que le groupe ait choisi de publier deux disques à la fois au lieu de combiner la terreur totalitaire de l’un et l’innommable sanctuarisé de l’autre. Et si j’essayais de les écouter en même temps ?