Originaire
d’Athènes et découvert grâce au label Riot Season qui avait eu la très bonne
idée de publier ses tout premiers enregistrements, KRAUSE est un groupe qui n’a jamais fait dans la dentelle et le raffinement.
Une nouvelle maison de disque, donc, depuis 2022 avec Venerate Industries, un
single pétaradant en février dernier et maintenant The Art Of Fatigue, un troisième
album porteur de peu de changement : chez Krause
on aime le noise-rock à la fois véloce et épais, gras et alerte, bruyant et
mélodique, lourd et tourbillonnant, nervuré et palpitant. Une musique coincée
dans un sandwich grec entre les inévitables Unsane et les géniaux Hammerhead.
Ouais, toujours les mêmes. Sauf que Krause
est un groupe encore jeune et débordant de sève, très convaincant malgré son
manque d’originalité et il fait preuve d’une fougue comme d’une violence
implacables. On relèvera uniquement quelques traces fantaisistes au niveau de
cette pochette tout aussi colorée et psyché-déviante que d’habitude ou des
titres des onze compositions, loufoques voire sibyllins (parmi tant
d’autres : Ceremonial Aspects of
Everyday Bloodbaths ou The Things I
Love Affront Me With The Effort It Takes To Love Them – j’en rigole encore).
Autant d’absurdité dans un écrin noise aussi parfait que traditionnaliste,
autant de fureur pour s’exprimer, autant d’électricité pour faire le mal, je ne
peux être que d’accord, à genoux mais pas fatigué.
Conseil d'utilisation : ceci n'est qu'un blog. Mais sa présentation et sa mise en page sont conçues pour qu'il soit consulté sur un écran de taille raisonnablement grande et non pas sur celui d'un ego-téléphone pendant un trajet dans les transports en commun ou une pause aux chiottes. Le plus important restant évidemment d'écouter de la musique. CONTACT, etc. en écrivant à hazam@riseup.net
dimanche 29 janvier 2023
[chronique express] Krause : The Art Of Fatigue
vendredi 27 janvier 2023
[chronique express] Catorcio : self titled
L’une des bonnes surprises du moment nous vient d’Italie et plus précisément de Bologne : CATORCIO c’est quatre musiciens – chant, guitare, basse et batterie – qui mélangent avec bonheur et jubilation noise-rock et math-rock. Encore ? me diras-tu et là je te répondrai que l’on n’a pas affaire à une énième resucée de recettes usées jusqu’à la corde. Ce qui me parait essentiel dans la musique du groupe c’est qu’il ne se contente pas de jouer des trucs niqués et alambiqués mais qu’il passe une bonne partie de son temps à tout dégueulasser. La voix en est le meilleur exemple, bel organe rauque et grave qui glaviotte avec délectation ou susurre des postillons psychotiques. La basse virevolte mais elle fait aussi appel à ce bon gros son boueux, essentiel à tout groupe de noise qui se respecte. La guitare aime racler là où ça fait mal et nous enfoncer des clous entre les cervicales. La batterie réussit à être à la fois massive et inattendue. Maintenant, faisons un peu de géométrie : tu traces un triangle équilatéral et à chacun de ses sommets tu places (dans l’ordre que tu veux) Hoaries, Killdozer et The Conformists. Puis tu traces trois droites reliant de façon perpendiculaire chaque sommet avec son côté opposé. Tu remarqueras qu’elles se croisent en un seul et unique point, au milieu de triangle : c’est précisément là où se situe Catorcio, percheron roublard, bordélique mais extrêmement sympathique, toujours en train d’essayer de courir à reculons lorsqu’il ne rue pas dans les brancards pour nous fracasser le crane.

